* The English version will be cooming soon *

Spoiler-freeS'enfuir

Edition : Dargaud

1ère publication : 2016

Langue : French

Genre : Graphic Novel, Non-Fiction

Pages : 432

 

Résumé

S’enfuir. Récit d’un otage raconte l’extraordinaire mésaventure de Christophe André. Membre d’une ONG dans la region du Caucase, la nuit du 1er avril 1997 il est kidnappé par une bande tchétchène. Cette date marque donc le début d’une longue période de captivité pour Christophe. Oscillant entre la défaite et l’espoir, c’est l’incertitude qui gouverne ses journées. Combien de jours va-t-il passer en captivité ? Va-t-il pouvoir être présent au mariage de sa sœur? Va-t-il jamais jamais revoir ses proches ? C’est un récit déchirant, parfois angoissant, parfois hilarant, parfois calme. Une chose est certaine, il ne vous laissera jamais indifférent.

Mon Avis

HostageSi je me retrouve ici à donner mon avis sur ce roman graphique, c’est parce qu’il m’a été gentiment envoyé par Price Minister pour le projet #1blog1BD organisé dans le cadre de La BD fait son festival. Il me serait impossible de les remercier à suffisance, car S’enfuir. Récit d’un otage est tut simplement un de ces ouvrages dont la lecture restera imprimé dans ma mémoire. Tout à son intérieur m’a émue : ses couleurs, sa beauté, sa poésie, son histoire, ainsi que son humanité douce et foudroyante.

C’est à la suite de plusieurs rencontres avec Christophe André que Guy Delisle décide de mettre main à sa plume et à sa tablette graphique pour raconter son histoire poignante.

Ce livre relate son histoire telle qu’il me l’a racontée.

Guy Delisle

La nuit entre le premier et le deux juillet, Christophe, qui avait commencé sa première mission humanitaire il n’y a que trois mois, se couche tôt après une soirée passée à célébrer le départ d’une collègue. Il se trouve seul dans le bâtiment quand ses kidnappeurs arrivent. Le récit, raconté à la première personne, prend la forme d’un compte rendu lucide, décrivant de manière presque anodine ces événements extraordinaires. Mille fois revécus, mille fois revus et répétés, et à chaque fois plus distincts et détaillés, ils doivent maintenant être figés dans la mémoire du protagoniste. Commence alors une longue période de captivité, dont la longueur est marquée par les chiffres qui indiquent le nombre des jours passés du fatidique premier juillet, et par les changements de lumière. Les cases s’enchainent, le cadrage reste le même ou presque; ce qui change, c’est la lumière, qui indique le mouvement du soleil dans le ciel et le passage des heures de la journée. On suit, comme le faisait Christophe, le reflet de la fenêtre ensoleillée sur le mur, qui, lentement, bouge. La voix-off du protagoniste, qui raconte ses ressentis, nous arrive étouffée, mais en même temps elle résonne dans notre tête, comme elle le faisait dans la sienne. C’est un rêve, et plus qu’un rêve un cauchemar, mais qui est raconté de manière incroyablement poétique.

On y trouve aussi des moments hilarants, où l’absurdité de la situation est rendue évidente et où on se félicite que même dans des circonstances pareilles un homme peut éprouver du plaisir et de la joie. Je pense notamment au moment quand Christophe  imagine ses kidnappeurs échanger avec leurs voisins et amis :

Est-ce que leurs invités sont au courant qu’un otage est enfermé dans la pièce du fond ?

Alors, comment ça se passe avec votre otage?

Ma foi, pas de souci particulier, c’est un gars tranquille, on ne l’entend pas beaucoup ! On n’a pas a se plaindre.

Ou encore quand il décide reprendre un peu de pouvoir dans sa vie d’otage :

Vodka ?!

Un mot que je comprends. J’hésite un moment. Est-ce pactiser avec l’ennemi ? ‘Thank you.’ Non. C’est entretenir le moral des troupes.

(…)

‘Good night’

‘Good night’

J’imagine qu’ils venaient de recevoir une bonne nouvelle et qu’ils avaient à cœur de la fêter. ‘Tiens, allons boire un coup avec notre otage…’ Good night. Oh là là ! Où tu vas ? Tu es attaché à un radiateur et tu leur dis gentiment ‘bonne nuit’… Ces types ne sont pas dans mon camps, ce sont mes ennemis, je dois les traiter comme tels. A partir dès maintenant, c’est fini les amabilités avec des gars qui sont mes geôliers. Ces salopards peuvent tous aller se faire foutre!

Et qu’est ce qu’il fait la journée après? Il accepte la cigarette qu’on lui offre, mais il ne dit pas merci. Et comment oublier le moment où il arrive à allonger son bras jusqu’à de l’ail et qu’il le savoure intensément. Ce sont ce petits moments, ces petites victoires personnelles et absurdes, comme se réjouir devant Libération pour avoir bien compté les jours, qui rendent le plus la personnalité de Christophe et qui font la force, eux-aussi, de ce roman graphique .

Et que dire, sans rien spoiler, de la fin ? Le rythme s’accélère, il devient anxiogène. On retient le souffle. Et à la toute fin, c’est la paix, les muscles se décontractent, la tête s’allège, se libère, et on reprend à respirer.

C’est une histoire émouvante, que saura vous toucher. Elle vous apprendra peut-être des faits nouveaux, comme ça l’a été pour moi. Je vous invite donc à la découvrir, à ne pas la rater. S’enfuir. Récit d’un otage est un grand coup de cœur pour moi!

French Edition

• Price Minister           • Amazon                   • Dargaud Website

English Edition

• Amazon UK              • Amazon US              • Book Depository

 

Ma note : 20/20

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